L’image du développeur seul devant son écran reste tenace, et elle est fausse. En pratique, l’ingénieur logiciel passe surtout du temps à comprendre ce que le client veut.

Le problème, c’est qu’on choisit ce métier sur une image fausse. Ce qui suit vous montre ce qu’il fait au quotidien et ce qu’il faut pour y entrer.

Infographie — ingénieur logiciel
Infographie — ingénieur logiciel

Que fait un ingénieur logiciel ?

L’ingénieur logiciel généraliste

Un ingénieur logiciel généraliste part du besoin, pas du code. Il discute avec les utilisateurs, écrit le cahier des charges fonctionnel et technique, puis prépare une maquette. Le code vient après, contrairement à ce que tout le monde imagine.

Une fois le projet validé, il programme le logiciel, le teste, puis le met à disposition, et il s’occupe ensuite de la maintenance.

Il travaille avec des développeurs sous un chef de projet, et il parle aux utilisateurs ou aux clients.

Pour savoir ce que l’IA change dans ce métier, voyez ses avantages et ses inconvénients.

L’ingénieur logiciel embarqué

L’ingénieur logiciel embarqué écrit du logiciel intégré à une machine : voiture, avion, compteur d’énergie, montre connectée. Le logiciel fait partie de l’objet. Il ne tourne pas seulement sur un ordinateur de bureau.

Le généraliste, lui, livre des logiciels pour écrans et services, et un bug se corrige vite. Dans l’embarqué, une erreur se retrouve dans une voiture ou un appareil médical, et le correctif coûte cher.

Cherchez l’intitulé « ingénieur logiciel embarqué » dans les offres. Si l’idée de toucher au matériel vous plaît, visez-le ; sinon, restez sur le généraliste.

À quoi ressemble une journée

La journée varie selon le projet et l’équipe. Dans les faits, l’ingénieur logiciel passe du temps avec son équipe informatique, et il participe parfois à des réunions avec les utilisateurs ou les clients.

Sa journée dépend donc du projet. Il peut analyser le besoin, rédiger les spécifications, programmer, tester et documenter, mais la part de chaque tâche change d’un projet à l’autre.

Pour un autre métier de la donnée, voyez le métier de data scientist et ses compétences. Un poste où l’on code seul toute la journée devient l’exception : si l’entretien ne parle que de langages, demandez qui travaille avec vous.

Les compétences attendues

Les compétences techniques

Côté outils, le poste change selon qu’il est généraliste ou embarqué :

  • Généraliste : des méthodes de conception comme UML et Merise, pour poser la structure du logiciel avant de coder.
  • Généraliste : des langages comme Java ou C++, selon le domaine dans lequel on travaille.
  • Embarqué : la programmation en C ou en C++, pour un logiciel qui tourne dans une machine.
  • Embarqué : les systèmes temps réel, Linux, les architectures de processeurs, et les outils de débogage et de simulation pour tester le code sans le matériel final.

Les méthodes

Avant la livraison, trois méthodes encadrent le travail ; pour les outils sans code, voyez notre guide complet sur le low code et le no code :

  • Modéliser : décrire le besoin et dessiner la structure avant d’écrire une ligne de code.
  • Suivre : contrôler les coûts, la qualité et les délais, pour voir tôt un projet qui dérape.
  • Valider : tester chaque partie du code, puis l’ensemble, avant la mise en service.

Les compétences humaines

Le métier demande aussi des qualités que le code ne donne pas, dont certaines s’exigent dès l’embauche :

  • Une bonne culture scientifique, et des connaissances techniques à mettre à jour sans cesse.
  • L’anglais, surtout technique, et les règles de sécurité informatique.
  • La rigueur et l’adaptabilité, pour répondre au besoin du projet.
  • L’esprit d’équipe, pour travailler avec les autres équipes.

Combien gagne un ingénieur logiciel ?

Un débutant commence à partir de 2 830 € brut par mois, et ce montant varie selon le lieu de travail et le statut. Pour les niveaux plus avancés, les annonces donnent ces repères :

Critère Études et développement informatiques Informatique embarquée
Fourchette pour 80 % des annonces 35 000 à 51 000 € brut par an 35 000 à 50 000 € brut par an
Moyenne 42 000 € brut par an 42 000 € brut par an
Ce que comprend le montant Fixe et variable Fixe et variable

Comment devenir ingénieur logiciel

Pour entrer dans le métier, il faut d’abord choisir sa voie selon le poste visé :

  • Le diplôme d’ingénieur spécialisé en informatique, développement logiciel ou génie logiciel, ou le master en informatique ou en MIAGE, se prépare en cinq ans après le bac. C’est le niveau généralement attendu pour un poste intitulé ingénieur logiciel, même si aucun diplôme précis n’est légalement obligatoire.
  • Pour des postes de développement ou de technicien, un BTS informatique, un BUT informatique ou une licence professionnelle spécialisée, en bac + 2 ou bac + 3, peut suffire ; ces diplômes ne constituent toutefois pas le niveau d’accès généralement indiqué pour le titre d’ingénieur logiciel, fixé à bac + 5.
  • Pour l’informatique embarquée, un bac + 5 en informatique embarquée, informatique industrielle, télécoms ou électronique ouvre la porte.
  • Au-delà du diplôme, l’employeur regarde ce que vous savez faire : un projet personnel, un stage, du code qu’il peut lire.

Vers quoi on évolue

Trois voies : chef de projet, chef d’équipe ou responsable technique si vous aimez gérer les autres ; expert technique ou consultant si vous préférez le code. Pour le conseil, voyez le métier de consultant en transformation digitale.

En embarqué, le passage naturel mène au poste de chef de projet en recherche et développement.

Le piège, c’est le management : beaucoup y vont parce que c’est la seule marche visible, pas parce qu’ils le veulent. Ne prenez le poste de chef que si la coordination vous attire plus que le code.

Ce métier existera-t-il encore dans cinq ans ?

Le métier ne disparaît pas, il change de forme. Ce qui disparaît, c’est l’ingénieur qui ne sait faire qu’une chose avec un seul langage, et qui croit que ça suffit.

Pour rester employable, il faut actualiser ses connaissances, parce que les technologies et les langages bougent vite. Celui qui arrête d’apprendre se retrouve vite dépassé.

En embarqué, on améliore le produit à partir des retours clients et des changements de composants, puis on prépare la version suivante. Si vous hésitez, choisissez le poste qui vous force à apprendre chaque année.

Retenez l’essentiel : l’ingénieur logiciel part du besoin, travaille en équipe et choisit entre généraliste et embarqué. Le diplôme ouvre la porte, mais c’est ce que vous savez faire qui compte.

Votre prochain pas : lisez trois offres pour le poste que vous visez. Si ce qu’on y demande vous plaît, postulez. Sinon, changez de voie.

Foire aux questions

Quel est le métier d’un ingénieur informatique ?

Un ingénieur informatique analyse les besoins, conçoit le logiciel, le programme puis le teste. Selon le poste, il l’intègre, le maintient ou le fait évoluer. Le titre dit peu : la fiche de poste en dit plus, lisez-la avant de postuler.

Quel est le salaire moyen d’un ingénieur de 40 ans ?

Le salaire moyen d’un ingénieur de 40 ans en études et développement informatique est de 42 000 € brut par an, fixe et variable compris. L’âge seul ne fixe pas la paie : c’est le poste occupé qui fait la différence.

Quelle est la différence entre un ingénieur logiciel et un développeur ?

Le développeur écrit le code d’une application, d’un site ou d’un logiciel.

L’ingénieur logiciel intervient avant le code : il analyse la demande, définit les fonctions et rédige le cahier des charges avant qu’une ligne soit codée. Lisez les missions, pas le titre.

Peut-on devenir ingénieur logiciel en reconversion ?

Oui, c’est possible : des postes d’études et de développement sont ouverts à des personnes en bac + 2 ou bac + 3, notamment après un BTS, un BUT ou une licence professionnelle en informatique. Visez ces postes d’abord.